Mise à jour au 3 octobre 2026 : la France métropolitaine est au niveau de risque « négligeable » pour l’influenza aviaire hautement pathogène depuis le 3 juin 2026 (arrêté du 22 mai 2026). Tes poules peuvent sortir, sauf mesure locale du préfet. Mais trois foyers ont déjà été détectés en Maine-et-Loire depuis août 2026 et le niveau peut remonter cet automne : vérifie-le sur la page « Influenza aviaire : la situation en France » du ministère de l’Agriculture.
Oui, la grippe aviaire concerne aussi tes poules de jardin, même si tu n’en as que deux ou trois. Quand le niveau de risque monte, tu dois les enfermer ou les placer sous un filet et protéger leur nourriture et leur eau des oiseaux sauvages. Toute l’année, tu dois les déclarer en mairie et surveiller la moindre mortalité anormale. Voici ce qui est obligatoire, niveau par niveau, et les bons réflexes si une poule meurt brutalement.
L’essentiel
- Au 3 octobre 2026, le niveau national est « négligeable » (depuis le 3 juin 2026), mais il remonte souvent entre octobre et décembre.
- Niveau « élevé » : poules enfermées ou protégées par des filets sur toute la France métropolitaine, rassemblements de volailles interdits.
- Niveau « modéré » : les mêmes obligations s’appliquent dans les communes classées en zone à risque particulier.
- Déclarer ses poules en mairie est obligatoire dès la première poule.
- Une mortalité brutale ? Ne touche pas les cadavres à mains nues et appelle ton vétérinaire ou la DDPP.
Grippe aviaire 2026 : quel est le niveau de risque en ce moment ?
D’après le ministère de l’Agriculture (page mise à jour le 8 septembre 2026), la France est placée en risque « négligeable » depuis le 3 juin 2026. Ce niveau a été fixé par l’arrêté du 22 mai 2026, après une saison 2025-2026 difficile : 156 foyers au total, dont 125 dans des élevages commerciaux et 31 dans des basses-cours ou chez des détenteurs d’oiseaux non commerciaux.
La saison 2026-2027 a officiellement commencé début août 2026. Au 8 septembre, trois foyers avaient été confirmés, tous en Maine-et-Loire. Ils n’ont pas changé le niveau national, mais des zones réglementées ont été mises en place autour des élevages touchés.
Ces dernières années, le niveau a été relevé chaque automne, entre octobre et décembre, avec l’arrivée des oiseaux migrateurs.
Comment vérifier le niveau de risque toi-même
- Ministère de l’Agriculture : la page « Influenza aviaire : la situation en France » donne le niveau en vigueur et l’arrêté correspondant.
- Légifrance : cherche « arrêté qualifiant le niveau de risque en matière d’influenza aviaire » ; le texte le plus récent fait foi.
- Ta préfecture : elle publie les mesures locales (zones réglementées, obligations renforcées).
Qu’est-ce que l’influenza aviaire hautement pathogène ?
L’influenza aviaire, qu’on appelle couramment grippe aviaire, est une maladie virale des oiseaux. Les formes dites « hautement pathogènes » (IAHP), dues à certains virus des sous-types H5 et H7, sont redoutables chez les poules : elles peuvent tuer une grande partie d’un petit troupeau en quelques jours. Le virus H5N1 circule actuellement en Europe.
Le virus vient surtout des oiseaux sauvages, notamment les oiseaux d’eau, qui peuvent le porter sans paraître malades. Il passe par contact direct, les fientes, l’eau souillée, le matériel et les chaussures. C’est une maladie réglementée, sans traitement : toute suspicion doit être signalée.
Les signes qui doivent t’alerter : morts soudaines, poules très abattues, chute brutale de la ponte, crête ou barbillons gonflés ou violacés, difficultés respiratoires, troubles nerveux. Seuls un vétérinaire et des analyses peuvent confirmer la maladie.
Pourquoi le risque grimpe en automne et en hiver
À partir de l’automne, des millions d’oiseaux migrateurs venus du nord de l’Europe se regroupent sur les zones humides françaises et partagent les mêmes plans d’eau, ce qui diffuse le virus. Le froid et l’humidité l’aident aussi à survivre plus longtemps dans les fientes et les flaques.
La période la plus risquée s’étend donc en général d’octobre à mars. Pour préparer cette saison, consulte aussi notre guide des poules en hiver.

Les niveaux de risque et ce qu’ils impliquent pour ta basse-cour
Le ministre de l’Agriculture fixe un niveau de risque parmi trois : « négligeable », « modéré » ou « élevé ». Les mesures associées sont décrites dans l’arrêté du 25 septembre 2023. Voici ce que cela change pour un particulier qui a moins de 50 volailles.
| Niveau de risque | Où s’appliquent les mesures | Ce que tu dois faire |
|---|---|---|
| Négligeable | Toute la France, sauf mesure locale du préfet | Biosécurité de base : nourriture et eau protégées, poulailler propre, déclaration en mairie, surveillance quotidienne |
| Modéré | Communes en zone à risque particulier (zones humides, couloirs de migration) ; le préfet peut étendre les mesures | Dans ces communes : poules enfermées ou protégées par des filets, rassemblements de volailles interdits sauf dérogation |
| Élevé | Toute la France métropolitaine | Poules enfermées ou sous filets, nourriture et eau à l’abri, rassemblements interdits sauf dérogation, éviter de vendre, donner ou déplacer tes oiseaux |
Au-delà de 50 volailles, c’est plus strict : au niveau « élevé », mise à l’abri dans un bâtiment fermé.
Pour savoir si ta commune est en zone à risque particulier, demande à ta mairie ou à ta préfecture.
Confinement des poules : enfermer ou mettre sous filet
Le « confinement » ne veut pas dire garder tes poules dans un poulailler minuscule pendant des mois. La règle demande qu’elles n’aient aucun contact avec les oiseaux sauvages. Deux solutions :
- Un parcours entièrement couvert par un filet ou un grillage à petites mailles, sur le dessus comme sur les côtés, pour que ni les moineaux, ni les pigeons, ni les goélands n’entrent.
- Un abri fermé (poulailler et préau grillagé, serre, appentis), bien aéré, avec assez de place pour bouger, gratter et prendre un bain de poussière.
Prévois de quoi les occuper (paille à gratter, bac de terre sèche, chou suspendu) : l’ennui favorise le picage. Pour bien dimensionner l’installation, vois notre guide pour avoir des poules au jardin.
Nourriture et eau à l’abri des oiseaux sauvages
Mangeoire et abreuvoir doivent se trouver à l’intérieur ou sous la partie couverte, hors de portée des oiseaux sauvages. Range le stock d’aliment et la litière dans des contenants fermés, au sec. N’utilise jamais l’eau d’une mare, d’un ruisseau ou de pluie pour abreuver tes poules ou nettoyer le poulailler : préfère l’eau du réseau. Ramasse le grain tombé au sol, qui attire pigeons et corvidés.
Aucun contact avec la faune sauvage
- Si tu as aussi des canards ou des oies, sépare-les des poules : les palmipèdes peuvent porter le virus sans signe visible.
- Garde des chaussures ou des bottes réservées au poulailler et lave-toi les mains après chaque passage.
- Ne ramasse jamais un oiseau sauvage mort à mains nues. Signale-le à ta mairie ou à l’Office français de la biodiversité (OFB).
Rassemblements, foires et échanges de volailles
Au niveau « élevé », les rassemblements de volailles (foires, expositions) sont interdits partout, sauf dérogation ; au niveau « modéré », dans les zones à risque. Même quand c’est permis, évite d’introduire de nouvelles poules en pleine saison à risque.
La déclaration en mairie, obligatoire même pour deux poules
Depuis l’arrêté du 24 février 2006, tout détenteur d’oiseaux doit le déclarer au maire de la commune où vivent les oiseaux. Seuls les oiseaux gardés en permanence à l’intérieur d’un logement ou d’un bureau échappent à cette obligation. On utilise le formulaire Cerfa n° 15472, disponible sur service-public.fr et en mairie. Elle permet d’être prévenu en cas de foyer proche. Tous les détails dans notre article sur la réglementation et la déclaration des poules en mairie.
Protéger le parcours
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Une poule meurt brutalement ou plusieurs sont malades : que faire ?
Plusieurs morts en peu de temps, ou des poules soudain très abattues, doivent te faire penser à la grippe aviaire, surtout en saison à risque. Voici les gestes à suivre.
- Ne touche pas les cadavres à mains nues. Mets des gants jetables et, si possible, un masque.
- Isole les cadavres dans un double sac fermé, à l’abri des animaux et au frais. Ne les jette pas, ne les enterre pas, ne les brûle pas : ils peuvent servir aux analyses.
- Appelle ton vétérinaire, idéalement habitué aux volailles, ou la direction départementale de la protection des populations (DDPP ou DDETSPP selon les départements).
- Garde les autres poules enfermées, limite les allées et venues et ne donne ni ne vends aucun oiseau ni aucun œuf en attendant.
- Lave-toi soigneusement les mains et nettoie tes bottes.
- Suis les consignes du vétérinaire ou des services de l’État, qui décident des prélèvements et des suites.
Attention : abattement brutal, respiration difficile, crête violacée, poule qui ne tient plus debout ou morts en série : appelle sans attendre un vétérinaire. N’essaie aucun traitement toi-même. Si tu as de la fièvre ou des signes respiratoires dans les jours qui suivent un contact avec des oiseaux malades, préviens ton médecin de ce contact.
Grippe aviaire et humains : quel risque ?
En France, le risque pour l’humain reste très faible. Les rares contaminations observées dans le monde concernent surtout des personnes en contact étroit avec des oiseaux infectés. Pour toi, cela se résume à quelques réflexes : gants pour manipuler un oiseau suspect, lavage des mains, chaussures dédiées au poulailler, et pas d’enfants qui câlinent une poule malade.
Peut-on manger les œufs de ses poules ?
Oui. Le ministère de l’Agriculture rappelle que la consommation de viande, de foie gras et d’œufs ne présente aucun risque pour l’humain, et l’ANSES décrit l’influenza aviaire comme une maladie à transmission essentiellement non alimentaire. Garde les règles d’hygiène habituelles : ramassage quotidien, œufs fêlés ou très sales écartés, mains lavées. En cas de suspicion dans ton poulailler, ne consomme et ne donne aucun œuf avant d’avoir l’avis du vétérinaire ou de la DDPP.
Peut-on vacciner ses poules contre la grippe aviaire ?
La France vaccine contre l’influenza aviaire depuis le 1er octobre 2023, mais cette campagne nationale cible les canards des élevages commerciaux. Le dispositif national ne prévoit pas la vaccination des poules de basse-cour. La protection de tes poules repose donc entièrement sur la biosécurité : mise à l’abri quand c’est demandé, nourriture et eau protégées, surveillance.
Les erreurs à éviter
- Croire qu’avec deux ou trois poules, la règle ne te concerne pas : la mise à l’abri vaut pour toutes les basses-cours.
- Laisser la mangeoire dehors, accessible aux pigeons et aux moineaux.
- Abreuver les poules avec l’eau de la mare ou de la récupération d’eau de pluie.
- Poser un filet à larges mailles ou seulement sur une partie du parcours.
- Jeter ou enterrer une poule morte sans avoir prévenu le vétérinaire en cas de mortalité anormale.
- Ne pas déclarer ses poules en mairie : tu ne serais pas prévenu en cas de foyer près de chez toi.
Questions fréquentes
Faut-il enfermer ses poules en ce moment ?
Au 3 octobre 2026, non : le niveau national est « négligeable » depuis le 3 juin 2026. Vérifie toutefois les mesures de ta préfecture, surtout si tu habites près d’un foyer, et le niveau national, qui peut changer cet automne.
Combien de temps dure le confinement des poules ?
Il n’y a pas de durée fixe. Les mesures durent tant que le niveau de risque reste « élevé » ou « modéré » dans ta zone, souvent plusieurs semaines voire plusieurs mois en hiver. Elles sont levées par un nouvel arrêté ministériel.
Mes poules peuvent-elles sortir si le risque est élevé ?
Oui, à condition que leur parcours soit entièrement couvert par un filet ou un grillage qui empêche tout contact avec les oiseaux sauvages. Un parcours à ciel ouvert n’est pas autorisé.
Faut-il déclarer ses poules même si on n’en a que deux ?
Oui. La déclaration en mairie concerne tout détenteur d’oiseaux, dès la première poule, sauf si les oiseaux vivent en permanence à l’intérieur du logement. Elle se fait avec le formulaire Cerfa n° 15472.
Mes poules peuvent-elles attraper la grippe aviaire par les oiseaux du jardin ?
Oui, c’est l’un des principaux risques. Les oiseaux sauvages peuvent contaminer l’eau, la nourriture ou le sol par leurs fientes. D’où l’importance de protéger mangeoire et abreuvoir et de couvrir le parcours quand le risque est élevé.
Sources
- Influenza aviaire : la situation en France (mise à jour du 8 septembre 2026) – Ministère de l’Agriculture
- Arrêté du 22 mai 2026 qualifiant le niveau de risque en matière d’influenza aviaire hautement pathogène – Légifrance
- Arrêté du 25 septembre 2023 relatif aux mesures de surveillance, de prévention et de lutte contre l’IAHP – Légifrance
- Influenza aviaire : mesures à mettre en place par les petits détenteurs d’oiseaux – Ministère de l’Agriculture
- Influenza aviaire : les mesures de biosécurité pour les professionnels et les particuliers – Ministère de l’Agriculture
- Influenza aviaire : prévention du risque de contamination de l’animal à l’homme – Ministère de l’Agriculture
- Le plan de vaccination influenza aviaire de la France – Ministère de l’Agriculture
- Fiche maladie animale : influenza aviaire – ANSES
- Déclaration de détention d’oiseaux (Cerfa n° 15472) – Service-Public.fr



